dimanche 30 mars 2014

Un royal arrêté pour émanciper les drones belges

La Belgique en passe d'autoriser le survol de drones sur son territoire. © DR.
Un arrêté royal devrait bientôt autoriser les vols de drones à des fins commerciales au-dessus du sol belge.

Il se dit dans le royaume que texte est prêt et qu’il devrait entrer en vigueur après les elections du mois de mai prochain.
Pour l’heure, nombre d'entreprises attendent avec impatience le feu vert pour lancer les nouvelles activités qui gravitent autour de l’usage d’aéronefs télépilotés. Un seul bémol, apporté par Koen Meuleman, le porte-parole de l'association des exploitants de drones, pour qui le texte est trop restrictif. Il dénonce notamment la hauteur maximale de vol qui sera limitée à 60m.
Pour Melchior Wathelet, secrétaire d'Etat à la mobilité, « Il est important de faire en sorte que les conditions de sécurité et de gestion de notre espace aérien soient respectées le mieux possible. »

Source : RTBF.info (20 mars 2014).

vendredi 28 mars 2014

Quand vous filmer du "mountain bike" en Nouvelle-Zélande…


Les drones et la protection de la vie privée


La CNIL travaille à l'adaptation des textes sur les nouveaux usages d'imagerie. © DR.
Le développement de la commercialisation et de l’utilisation des drones civils soulèvent aujourd’hui nombre de problématiques. L’une des plus importantes relève du respect des libertés individuelles et du respect de la vie privée.

Par Betty Sfez, avocate au Barreau de Paris

« Les drones peuvent être équipés d’appareils photo, de caméras ou de capteurs sonores. Ces engins peuvent ainsi collecter, stocker, transmettre ou analyser une masse d’informations, et surveiller nos comportements et nos déplacements en toute discrétion et à notre insu.
En effet, en fonction des caractéristiques techniques de ces appareils, les photos et les vidéos prises peuvent permettre de distinguer et d’identifier des personnes physiques ou des véhicules (et plaques d’immatriculation).

La question du droit à l’image 

Dès lors qu’un drone capte et fixe l’image d’une personne physique, on peut s’interroger sur le respect du droit à l’image de cette personne.
Le Code civil (notamment l’article 9) et la jurisprudence affirment que toute personne a sur son image et sur l’utilisation qui en est faite un droit exclusif et peut s’opposer à sa diffusion sans son autorisation.
Si un drone à usage professionnel ou un drone de loisir venait à capter l’image d’une personne (photographie ou vidéo), la publication de cette image serait autorisée sous réserve d’avoir obtenu le consentement de la personne concernée. Or, l’obtention de ce consentement n’est généralement pas réalisable en pratique.
Toutefois, l’exigence de l’autorisation de la personne concernée connaît une exception lorsque celle-ci se trouve dans un lieu public. Selon la jurisprudence applicable, la publication de photographies prises dans des lieux publics (telles que des images de groupes de personnes ou un reportage sur une manifestation publique) n’est pas subordonnée à l’accord de toutes les personnes apparaissant sur ces images. Il s’agit là d’une approche pragmatique : si l’autorisation devait être systématique, toute publication de photographies de foules ou de manifestations publiques pour illustrer un reportage serait impossible.
Les Tribunaux ont cependant émis quelques réserves : (1) la photographie ne doit pas permettre d’individualiser une personne en particulier, c’est-à-dire faire de cette personne le sujet principal de l’image et la rendre reconnaissable ; (2) l’image ne doit pas porter atteinte à la dignité humaine ; et (3) dans le cas d’événements d’actualité, la publication de l’image ne doit pas dépasser les limites du droit à l’information (répondre au besoin d’information de la société, une image en relation directe avec l’événement d’actualité et une image non détournée de son objet).
Ainsi, la captation d’images par un drone muni d’un appareil photo ou d’une caméra, lors de manifestations publiques (concerts, manifestations sportives, rassemblements politiques, etc.) doit respecter ces grands principes. A défaut, l’utilisateur de l’appareil pourrait faire l’objet de poursuites judiciaires pour atteinte au droit à l’image de la personne photographiée ou filmée à son insu.

La question de la protection des données personnelles
Par ailleurs, la captation de l’image d’une personne physique par un drone équipé d’un appareil photo ou d’une caméra correspond à un enregistrement de données personnelles. Or, la diffusion de ces données peut porter atteinte à la vie privée des personnes filmées.
La captation et l’enregistrement d’images relatives aux personnes physiques relèvent de la loi Informatique et Libertés. Cette loi encadre la collecte et le traitement des données à caractère personnel, à savoir toute information relative à une personne physique identifiée ou qui peut être identifiée, directement ou indirectement, y compris par la captation de son image, mais également de la plaque d’immatriculation de son véhicule par exemple.
Les obligations pesant sur le responsable du traitement comprennent l’accomplissement de formalités préalables auprès de la CNIL (déclaration ou autorisation du traitement), le respect d’exigences en matière de durée de conservation et de sécurité des données personnelles, et le respect des droits des personnes concernées par le traitement de leurs données (informations concernant le traitement et leurs droits d’accès, de rectification et d’opposition).

Dès lors, on doit s’interroger sur la façon de transposer ces obligations à l’utilisation d’un drone civil.
Il paraît difficile de “flouter” systématiquement les visages des personnes filmées par un drone avant diffusion du film.
La loi Informatique et Libertés prévoit des règles spécifiques pour certains types de traitements tels que la géolocalisation ou la vidéosurveillance.
La vidéosurveillance est soumise à des règles distinctes selon le lieu d’installation du dispositif : dans un lieu ouvert au public et sur la voie publique, dans un lieu non ouvert au public ou à domicile.
Pour les dispositifs de vidéosurveillance mis en œuvre sur la voie publique, seules les autorités publiques sont habilitées à filmer la zone, et uniquement pour prévenir des atteintes à la sécurité des personnes et des biens ou des actes de terrorisme. Les personnes autorisées à consulter les images issues de ce dispositif doivent être habilitées par autorisation préfectorale.

Si l’on considère que les drones équipés de caméras peuvent s’apparenter à des systèmes de surveillance, on peut dès lors s’interroger sur l’application du régime de la vidéosurveillance à ce type d’utilisation. Toutefois, la transposition de ces règles à l’utilisation des drones peut s’avérer complexe : qui peut utiliser un drone filmant la voie publique et qui est habilité à visionner les images captées par le drone ? Dés lors qu’un drone filme la voie publique, comment en pratique les personnes filmées peuvent être informées qu’un tel système a été mis en place, et s’opposer à la captation de leur image ?
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a engagé une réflexion prospective depuis 2012 au sujet de l’utilisation des drones et du respect de la vie privée.
L’un des axes de réflexion est de s’assurer que ces nouveaux usages n’entraînent pas de dérives en matière de surveillance. Parallèlement à ces travaux prospectifs, la CNIL est engagée dans des échanges internationaux sur ce sujet qui est à l’ordre du jour du G29 (organisme regroupant l’ensemble des CNIL européennes). Des recommandations en la matière sont donc attendues. »

Pour prendre connaissance de l’intégralité de son intervention : cliquez ici


mardi 25 mars 2014

Des contrôleurs de locations aidés par drone




Face à la multiplication des arnaques sur Internet, des sociétés proposent leur service de vérification de location en se faisant parfois aider par des drones.

Villas sophistiquées avec piscine, yachts… Afin de se faire une idée très précise d’un bien, et vérifier s’il est conforme à l’annonce qui lui correspond, des clients argentés n’hésitent plus à se faire aider par des agences spécialisées dans la vérification de location. Ces entreprises vont parfois jusqu’à se faire épauler par l’imagerie aérienne par drone pour effectuer leur travail…
Quoi de plus simple de vérifier l'état d'une grosse villa par voies aériennes et de rendre compte au clients par photos ou vidéo de la visite ?

Source : France 3 Côte d’Azur.