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| L'Europe travaille sur des normes strictes quant à l'usage des drones civils. © Berlaymont. |
Ci-dessous l’intégralité
du communiqué de presse publié par la Commission européenne le 8 avril 2014
dans les vingt-trois langues que compte l’Union. Il dresse les grandes lignes des normes souhaitées par Bruxelles concernant le marché et les usages des drones civils.
« La Commission européenne a proposé
aujourd’hui de fixer de nouvelles normes strictes pour réglementer les activités
des drones (systèmes d'aéronef télépiloté, RPAS) à usage civil. Les nouvelles
normes porteront sur la sécurité, la sûreté, le respect de la vie privée, la
protection des données, l'assurance et la responsabilité. L’objectif est de
permettre à l’industrie européenne de devenir l’un des leaders mondiaux du marché
pour cette technologie émergente, tout en assurant la mise en place de toutes
les garanties nécessaires.
Les drones civils sont de plus en plus utilisés en
Europe, notamment dans des pays comme la Suède, la France et le Royaume-Uni, et
dans différents secteurs, mais leur cadre réglementaire est fragmenté. Des règles
nationales de base s’appliquent en matière de sécurité, cependant elles varient
à travers l’UE et un certain nombre de garanties pourtant essentielles ne sont
pas traitées de manière harmonisée.
M. Siim Kallas, vice-président de la
Commission chargé des transports, a déclaré à ce sujet: « Les drones
civils permettent de vérifier les dégradations des ponts routiers et
ferroviaires, de suivre l'évolution de catastrophes naturelles telles que des
inondations et de pulvériser les cultures de manière extrêmement précise. Il en
existe de toutes les formes et de toutes les dimensions. Un jour ils pourront même
vous livrer les livres commandés auprès de votre détaillant en ligne préféré.
Mais bon nombre de personnes, dont moi-même, sont préoccupées par les questions
de sécurité, de sûreté et de protection de la vie privée que posent ces
dispositifs. »
La technologie des drones civils arrive à maturité
et offre un grand potentiel de création de croissance et d’emploi. Selon
certaines estimations, elle pourrait acquérir dans les dix prochaines années
une valeur représentant 10 % du marché de l’aviation, c'est-à-dire 15 milliards
d’EUR par an. «C'est le moment ou jamais de prendre ces mesures, a ajouté le
vice-président, et de les prendre au niveau européen. Car les aéronefs télépilotés
vont franchir les frontières, presque par définition, et l’industrie en est
encore à ses balbutiements. L'occasion nous est offerte de définir un ensemble
unique de règles que chacun pourra appliquer dans son travail, tout comme nous
le faisons pour les aéronefs de plus grande taille.»
Les nouvelles normes
couvriront les domaines suivants
Des règles strictes à l’échelle de l’UE concernant
les agréments de sécurité.
La sécurité est l’objectif premier de la
politique de l’UE en matière de transports aériens. Les normes de l’UE seront
fondées sur le principe que les aéronefs pilotés à distance doivent offrir un
niveau de sécurité équivalent à celui des opérations aériennes avec pilote à
bord. L’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) va entamer l'élaboration
de normes européennes spécifiques pour les aéronefs télépilotés.
Des contrôles rigoureux du respect de la vie privée
et de la protection des données.
Les données collectées par les drones
devront être conformes aux règles applicables en matière de protection des données
et les autorités chargées de la protection des données devront surveiller la
collecte et le traitement ultérieur des données à caractère personnel. La
Commission examinera comment garantir que les règles de protection des données
s’appliquent pleinement aux aéronefs télépilotés et proposera des modifications
ou des orientations spécifiques en tant que de besoin.
Des contrôles sévères pour garantir la sûreté.
Les
drones civils, comme tout autre aéronef, peuvent donner lieu à d’éventuelles
interventions illicites et menaces pour la sûreté. L’AESA commencera à définir
les exigences requises en matière de sûreté, notamment pour protéger les flux
d'information, et proposera ensuite des obligations légales spécifiques pour
tous les acteurs concernés (par exemple, les responsables de la gestion du
trafic aérien, l’exploitant, les prestataires de services de télécommunications),
que les autorités nationales devront faire respecter.
Un cadre clair en matière de responsabilité et
d'assurance.
Le régime actuel d’assurance responsabilité civile a été
essentiellement conçu pour des aéronefs avec équipage et prévoit que la masse (à
partir de 500 kg) détermine le montant minimum de l’assurance. La
Commission étudiera la nécessité de modifier les règles existantes de manière à
tenir compte des spécificités des aéronefs télépilotés.
Rationalisation de la R&D et soutien en faveur
des nouvelles entreprises.
La Commission va rationaliser les travaux de
R&D, notamment les fonds de l’UE consacrés à la R&D qui sont gérés par
l'entreprise commune SESAR (ciel unique européen) afin que les délais restent
les plus courts possibles pour les technologies prometteuses permettant d'intégrer
les drones dans l’espace aérien européen. Les PME et les start-ups de ce
secteur bénéficieront d'un soutien à l’industrie en vue de développer les
technologies appropriées (programmes Horizon 2020 et COSME).
Quelles seront les
prochaines étapes ?
La Commission réalisera en 2014 une analyse (d’impact)
approfondie afin d’examiner les problèmes et de définir les meilleures
solutions pour y remédier. Cette analyse pourra être suivie d’une proposition législative,
qui devra être approuvée par les États membres et par le Parlement européen.
Par ailleurs, l’AESA peut immédiatement s'atteler à l'établissement des normes
de sécurité requises. D’autres mesures pourront comprendre des actions de
soutien dans le cadre de programmes de l'UE existants tels que SESAR, Horizon
2020 ou COSME. Tous ces efforts visent la réalisation de l’objectif énoncé par
le Conseil européen de décembre 2013 d’assurer l’intégration progressive
des RPAS dans l’espace aérien à partir de 2016. »