vendredi 25 avril 2014

Quand les drones aident l'archéologie


Ruines de la civilisation dans la région du Canyon de Chaco. © John Kahrs.
Les médias américains se sont fait l’écho il y a quelques jours des résultats obtenus dans une campagne de fouille sur la culture Chaco au Nouveau-Mexique. Particularité de cette étude ? Elle a notamment été menée par drone et caméra thermique.

Une équipe d’archéologues travaillant sur le site d’un village antique attribué à la culture Chaco, au Nouveau-Mexique, ont eu l’idée d’équipé un drone d’une camera infra rouge pour affiner leurs recherches sur ce ce qu'ils pensent être notamment des fosses cérémoniales.
C’est ce que révèle une étude publiée au début du mois d’avril dans la revue américaine Journal of Archaeological Science, une étape importante outre Atlantique dans l’évolution des outils utilisés par les chercheurs pour parvenir à éclaircir certaines énigmes.
Voila plus de quarante ans que les archéologues utilisent les images aériennes mais aussi les technologies de type ondes thermiques dans leur travail, mais celles-ci restaient pour le moment onéreuses
Aujourd’hui, une technologie abordable
Avec l’évolution des drones et des technologies qu’ils embarquent, les archéologues peuvent aujourd’hui obtenir des images de très haute qualité. La possibilité de moduler les altitudes et de pouvoir jouer facilement avec les angles de prises de vue multiplie d’autant les usages à des coûts particulièrement attractifs (comptez quelques milliers d’euros pour octocoptère)
Deux archéologues – Jesse Casana, archéologue à l'Université de l'Arkansas, associé au professeur John Kantner de l'Université du Nord Floride – ont ainsi testé le drone dans une zone isolée du Nouveau-Mexique, située au sud du Canyon de Chaco , un ancien centre culturel et religieux de civilisation Pueblo.
D’autres zones de recherche archéologique particulièrement sèches ont déjà été survolées par drone, notamment en Arabie Saoudite et à Chypre. Il s’agit de zones où les écarts entre températures diurnes et nocturnes permettent de récupérer des empreintes thermiques sur les structures de Pierre enterrées par exemple.
Un corps scientifique enthousiaste
Le corps scientifique archéologique s’intéresse de plus en plus à ces nouvelles applications, comme Sarah Parcak, archéologue à l'Université de l'Alabama à Birmingham. En aucune façon impliquée dans les recherches du Nouveau-Mexique, la chercheuse s’enthousiasme déjà pour ses fouilles égyptiennes :

"Ces nouvelles technologies nous montrent des éléments auxquels nous ne nous attendions pas (…) La télédétection aérienne, c’est vraiment comme s’équiper d'yeux au dessus de nos têtes."

Les drones ont pourtant leurs limites. Pour l’heure, sur des questions d’autonomie, (environ 15 minutes de vol) mais aussi sur des problématiques de poids du matériel embarqué. Autres facteurs limitatif : la réglementation fédérale qui pourraient durcir les règles encadrant les vols de drone.
Pour le professeur Kantner, l’augmentation des capacités des drones permettrait d'examiner de vastes zones. Des espaces à terme menacés par des projets d’exploitation pétrolière, gazière ou encore d’uranium programmés dans la région.


D’après un article de S. Montoya Bryan - AP sur KMPH Fox 26 (US).

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