jeudi 7 mai 2015

EDITO-Mai 2015

Edito
Dossier "Enjeux - Les Echos" n°320 sur les drones : faute de mieux

La une des "Enjeux" n° 320 des Echos de mai 2025 était titrée "l'ère des drones". Retour sur le sujet de douze pages ouvert dans ces pages. Sur l'analyse de l'analyse, en quelques sortes…


Il y a peu, le magazine Enjeux - Les Echos, s'est transformé en "business magazine", en vendant à son lectorat l'idée d'un titre "dédié à l'économie et à la finance, aussi perspicace et prospectif qu'avant", souligne le mode marketing avancé. Donc, on n'oubliera pas que ces lignes s'adressent avant tout aux chefs d'entreprises et entrepreneurs qui pourront, grâce à leur chère lecture préférée, lire un parfait digest du sujet ! Parfait, vous disiez ? Pas sûr…
Enjeux - Les Echos n° 320 - mai 2015.

Et ce, simplement parce que — sur les drones en général et en France en particulier — l'équilibre des infos distillées penche comme d'habitude vers : 1-le sensationnel, 2-l'exotique et 3-les peurs, trois ressorts récurrents, trois facilités pour les journalistes qui n'apportent rien au sujet. Le premier point s'éclaire es quelques prouesses des ultimes recherches et n'apportent rien au dossier dans le fond, le second permet d'émailler le contenu de ces douze pages d'une bonne recherche "Google" et la troisième frise un sensationnalisme que les profs de l'info adorent agiter à tout bout de champs…
Bref, passé une première partie du dossier à énoncer des banalités, à féliciter la DGAC (qui ne s'est guère mouillée dans cette législation de 2012, à en juger la teneur de la DNC - Ndlr) à faire le tour des chiffres clé du secteur, le "dossier" se poursuit en jeux de mots creux et autre inventaire à la Prévert, non sans lourdeurs…

Drone : quelques lacunes sur le sujet



On aurait aimé que l'occasion soit prise pour énoncer quelques points qui ne sont jamais abordés comme :

- le fait que depuis le début d'année 2015, les amateurs ne sont plus censés ignorer la loi (10 commandements du pilote), en résumé que l'incident de Nancy et du buzz fait par un jeune pilote est impossible aujourd'hui ;

- le fait aussi que les professionnels n'ont que faire de l'espionnage et que celui-ci, tout comme les accidents évoqués souvent par la presse (crashes, manquements…), reste le fait d'amateurs peu scrupuleux et peu respectueux…

Bref, que le monde des drones est un univers structuré qui bouge tout aussi bien en terme de technologie que de responsabilité.

Mais pour cela, il aurait fallu renoncer aux artifices dont la presse périodique et pressée est coutumière…

En définitive le dossier ne répond pas à ses propres questions, celle notamment posée en "chapô" page 42 en double d'ouverture sur "les réticences du public sur le respect de la vie privée."
Dommage, voilà deux jours — le 5 mai 2015 — que nos chers députés ont voté à l'Assemblée nationale une loi que d'aucuns jugent liberticide, à notre égard en tout cas largement plus discutable et matière à un bon gros dossier bien fourni que le sujet de deux ou trois drones amateurs risquant de venir espionner votre barbecue… Et de perspicacité, nous n'avons point trouvé !

(*) Que l'on nous explique la différence capillotractée entre "communiquer" et "informer", par exemple.

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